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                                                                           Histoire de souris - Jules Renard

     

    - Bonjour lapin , dit la souris, que fais-tu ? "

    - Je vais te raconter une jolie histoire , répond le lapin.

     

    "Comme, à la clarté d'une lampe, je fais ma quotidienne page d'écriture, j'entends un léger bruit...

    Si je m'arrête, il cesse.

    Il recommence, dès que je gratte le papier.

    C'est une souris qui s'éveille.

         

    Je devine ses va-et-vient au bord du trou obscur où notre servante met ses torchons et ses brosses.

    Elle saute par terre et trotte sur les carreaux de la cuisine.

    Elle passe près de la cheminée, sous l'évier, se perd dans la vaisselle,

    et par une série de reconnaissances qu'elle pousse de plus en plus loin,

    elle se rapproche de moi.

         

    Chaque fois que je pose mon porte-plume, ce silence l'inquiète.    

    Chaque fois que je m'en sers, elle croit peut-être qu'il y a une autre souris quelque part,

    et elle se rassure.     

     

    Puis je ne la vois plus.

    Elle est sous ma table, dans mes jambes.Elle circule d'un pied de chaise à l'autre.

    Elle frôle mes sabots, en mordille le bois, ou hardiment, la voilà dessus !   

    Et il ne faut pas que je bouge la jambe, que je respire trop fort : elle filerait.

       

    Mais il faut que je continue d'écrire,

    et de peur qu'elle ne m'abandonne à mon ennui de solitaire,

    j'écris des signes, des riens, petitement, menu, menu, comme elle grignote."  

     

             Auteur : Jules Renard (1864-1910)

     

                  Histoire de souris - Jules Renard

       

     

  • Il fait chaud en ce mois de juin 2014.

    Miss, la blanche, et Isis, la noire, cherchent l’ombre.

     

    Des chats, un texte

    Des chats, un texte

     

    Imagination...

     

    Il y a de cela pas mal d'années, au temps où il y avait de riches abbayes, un chat affamé,

    reniflant la bonne odeur des cuisines, se glissa subrepticement dans les bâtiments.  

    Il arriva à se situer et entreprit d'arriver là où son odorat le conduisait.

    Il se moquait bien des verrous qu'il apercevait, un chat trouve toujours un espace

    pour s'introduire n'importe où.  

    Cependant, un jeune moine (appelons-le Edouard), non pas un freluquet acnéique,

    mais un gars robuste, aperçut un grosse ombre, alors qu'il se trouvait dans la chapelle.  

    Profondément plongé dans ses pensées, à cette apparition soudaine il sursauta,

    et se mit à sonner les cloches pour donner l'alerte.  

    Notre chat, fort apeuré, se réfugia dans la grange toute proche.  

    Les autres moines arrivèrent rapidement pour s'enquérir de ce qui se passait.  

    Le jeune moine paria en lui-même que nul ne se sacrifierait

    pour l'aider à retrouver l'ombre entrevue.

    Pari gagné, chacun fit valoir son âge ou son état de santé pour se désister.  

    Edmond se mit donc à inspecter seul les travées et les bancs, mais ne trouva rien.

    Il s'en fit une raison, mais regretta de s'être ainsi ridiculisé.

     

    Quant au chat, peu après, il arriva à ses fins et retourna se cacher jusqu'au "repas" suivant.